Archive pour octobre, 2011

Nantes

   Petit passage dans la ville de Jules Verne et d’Eric Tabarly.

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    Ici, le petit Jules assis sur un banc du square, rue de l’hermitage, il regarde Némo qui regarde le large. Changement d’heure oblige, le soleil s’est couché plus tôt. J’ai donc tenté un ‘contre jour’ avec pour résultat : de la gris(e) bouille. Comme dirait Nicolas B. : ’20 fois sur le métier…. ». Pour les petits malins très observateurs, non le capitaine Nemo ne tient pas dans sa main droite un moineau qui aurait tenté de lui ch.. dessus , c’est un sextant. Sans jeu de mots.

Pablo et la crevette (Soirée mexicaine 2/3)

    ‘T’as qu’à décortiquer les crevettes’ avait-elle dit. Et Pancho était là, telle la poule devant le couteau ; Mais si le gallinacé désemparé est brave, le pistolero désorienté est tout aussi courageux, n’en doutez pas. D’ailleurs, je ne sais plus qui a dit : « Le premier signe de l’ignorance, c’est de présumer que l’on sait. » mais une chose est certaine : Pour un fier mexicain sans moustache, il est hors de question de montrer la plus petite faiblesse ou bien d’avoir un manque de connaissance. Aucun macho ne pourrait admettre une incapacité technique pour une activité habituellement dévolue à la gente féminine ; ainsi, pour notre sombre héros, les premiers signes de son ignorance en crustacés décapodes se traduisirent en une longue lutte épique, une orgie bruyante. Sa présomption se matérialisa en une formidable bataille opposant une horde affreuse de bêtes en carapace et un homme seul, inexpérimenté.

     Ce fut une véritable boucherie. (‘Poissonnerie’ est plus adaptée mais sonne moins bien). Au bout d’un moment, l’homme était là, éreinté par tant de vaillants efforts, les muscles tétanisés, la larme à l’œil, les doigts sales et puants. Fatigué mais victorieux, il était las, disais-je. En fond sonore, la chevauché des Walkyries avait scandé la lente défaite des roses adversaires, plus nombreux certes, mais déjà cuits ; et bien cette musique, doucement, s’estompait. Sur le champ de bataille, dans l’éclairage rouge du soleil couchant, deux tranchées s’observaient ; dans l’une gisait un tas informe de chair éclatée, de corps écrasés, coupés, déchiquetés, une purée visqueuse de boyaux roses et dans l’autre, étalées sans ordre en une mare rouge et blanche se trouvaient des pattes arrachés, des têtes coupées, des carapaces brisées ; dérisoires protections transparentes désormais inutiles. Ce que Pancho vit là c’était le Verdun de la crevette.

     Devant tant de violence, devant tant de désordre, et cédant à l’émotion que ce désolant spectacle provoquait ; de la bouche honteusement crispée du valeureux général sortit alors un cri, un seul : ‘Guernica !’. Vous croyez que pour cette douloureuse éphiphanie et pour les blessures consécutives à sa lutte il eut droit à un enthousiaste remerciement ? Et bien, non : un regard consterné, un sourcil relevé et un « Guernica ? Merci Pablo, souhaitons que tu sois meilleur peintre que cuisinier. »

     A vous de juger….

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    Alors d’accord, le cubisme du verre est involontaire mais la crevette est à peu près ressemblante, non ? Et puis de toute façon le personnage fictif, son nom c’est Pancho, pas Pablo. Faudrait pas confondre. Sinon, il va se facher le sombre héros. Compris ?

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Le retour de la jeune fille.

 Interlude fleuri, une commande pour la salle de bain de ma tatie que j’embrasse (ma tatie, pas la salle d’eau).

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    Si quelqu’un a envie d’un bucheron, je suis prêt à tenter le coup, cela me changerait …..

 

Pancho et la Soubrette (soirée mexicaine 1/3)

   Décidément, rien ne  va plus. Il fut un temps béni où les épouses savaient tenir leur place et les hommes au salon, taiseux et sages, pouvaient tranquillement s’envelopper de tabac. Et bien c’est officiel, les traditions se sont perdues. La preuve : le calvaire subi samedi dernier par monsieur P. et ses amis ; calvaire dont vous trouverez le compte rendu détaillé ci-dessous. Pour d’évidentes raisons de respect de la vie privée, les personnages sont fictifs et toute ressemblance avec la réalité est un pur effet du hasard.

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    Afin de concourir aux phases qualificatives ‘D’un dîner presque parfait’, S. et P. étaient  convenus que la soirée serait mexicaine. Une décision commune, soit. Mais alors pourquoi le gentil P. n’a pas eu le droit de porter sa célèbre moustache à la Pancho Villa alors que cela leur aurait assuré une sacrée bonne note coté ‘animation’. C’est vrai quoi, du temps de nos grand-pères c’est quand même eux qui décidaient de la longueur de leurs rouflaquettes sans subir de dictat esthétique féminin. On m’objectera qu’en ces temps-là, ces messieurs, pour défendre leur famille, allaient mourir dans les tranchés et que cela les autorisait à faire preuve de fantaisie dans leur pilosité. Je rappelle que notre génération souffre l’enfer chaque samedi après-midi dans les allées d’IKEA. Ces combat ci méritent bien une soirée en moustache. Elles ne tiennent plus leur place vous dis-je, les ingrates.

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     Moustache ou pas, P. (dit Pancho) est d’un naturel cruel. Il adore l’idée d’imposer des plats pimentés à des invités trop polis pour refuser. Malgré les brimades capillaires, il était donc de bonne humeur pendant les préparatifs. Il avait passé une matinée entière à se gaver de rugby ; puis en début d’après-midi il avait évité toute forme de bricolage grâce à un impératif besoin d’une sieste méritée. Reste qu’en fin de journée, pleinement reposé, il est passé profiter du spectacle fascinant qu’offrent les femmes au foyer quand elles transpirent au dessus des fourneaux. C’est à ce moment là qu’il a été victime d’un étonnant et brusque accès d’empathie. Accès suffisamment rare pour être noté et qui s’est traduit par un surprenant ‘Chérie, que puis-je faire pour toi ?

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    Il faut parfois savoir se taire me direz vous. Il l’a bien cherché avec ses questions. Que non pas mes braves, que non pas ! Pancho ne prenait pas beaucoup de risques. En effet, treize ans de bévues et d’oublis répétés ont réussi à convaincre sa compagne qu’il est d’une totale inutilité dans une cuisine. A ce propos, nous conseillons à tous les jeunes gars récemment encouplés de pratiquer la bourde culinaire systématique durant les trois premières années de vie commune. Il est aussi souhaitable de ne pas savoir comment marche un fer à repasser. Ces investissements les libéreront de toute tâche ménagère pour les décennies à venir. Oubliez la Rolex, un homme de 50 ans a réussi quand il peut dire :  c’est quoi une buanderie ? Où en étais-je… Ah oui,  ‘que puis-je faire… ?’ Et bien, ce soir là, au lieu du ‘Non, non c’est bon, vas donc faire des aquarelles » ; réponse banale qu’il était en droit d’attendre de la part d’une épouse débordée mais admirative, il s’est vu répondre : ‘Goûte moi ça s’il te plait’.  Vous avez vu le culot qu’ont les femmes d’aujourd’hui ; la formule de politesse cache à peine l’inadmissible impératif. Personne n’est dupe.

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    Ceci dit, à bien y réfléchir, que lui soit dévolu le rôle de gouteur en chef était plutôt flatteur. Sans conteste mérité quand on connait la subtilité de ses papilles gustatives ; mérité mais flatteur. En plus cela lui a permis de rajouter du Tabasco en lâchant un rire sardonique. Vous voyez la méchante reine de Blanche Neige s’agitant dans le noir et vert au dessus de sa marmite, et bien pareil. Franchement : imaginer un hôte les joues rouges et les larmes aux yeux c’est quand même chouette non ? D’ailleurs, depuis, l’ajout tardif d’une dose létale de Tabasco s’appelle le coup du sombre héros. Bref, Pancho avait l’opportunité de réaliser ses fantasmes sadiques et son orgueil était flatté. A tel point qu’imprudent il a enchainé par un ‘autre chose ma soubrette ?’ Et là, le piège s’est refermé. ‘T’as qu’à décortiquer les crevettes’. Notez l’absence de point d’interrogation dans la phrase précédente. Nous sommes entourés de perfides, un point c’est tout.

   La suite dimanche prochain…

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