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La vérité, toute la vérité….

    

Suite à la publication du joli petit gars sur ce blog innocent, j’ai reçu énormément de visites. Pour une fois, il ne s’agissait pas de Monsieur Google et de ses amis vendeurs de viagra.  C’était tellement flatteur pour mon ego que je me suis pris pour une vedette américaine en passage sur la croisette. D’ailleurs, emporté par l’élan mégalomaniaque qui accompagne tout parcours artistique réussi, j’ai accepté une proposition d’un publiciste japonais et l’heureux bambin orne dorénavant les murs d’une boutique de vêtements d’Osaka.

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    Pendant une semaine, j’ai attendu désespérément que Monsieur Glenn D. Lowry (directeur du MOMA) réponde à mes nombreux courriers électroniques. Puis, pour me préparer à la gloire qui m’attendait, j’ai exigé de mon entourage qu’il m’adresse la parole en utilisant mon pseudo. Pour les moins de 5 ans, cela donnait ‘Kloraçon’, belle imitation des borborygmes d’un alcoolique passablement éméché réclamant encore des glaçons. Quant aux autres, je ne sais pas pourquoi, mais cela s’est transformé en un ‘Mététoidon’, qui n’a franchement rien à voir. Je suis entouré d’ingrates.

   Je ne dirai rien de tous ces galeristes trop timides qui n’ont pas osé venir perturber mon génie pictural par des offres mercantiles déplacées. Je les comprends. Mais ce qui me surprend le plus, c’est qu’en dépit d’un succès planétaire équivalent à celui de Mireille Mathieu, aucun de mes nombreux admirateurs ne m’ait sollicité pour faire le portrait d’un jeune membre de son clan. Pourtant, j’étais prêt à casser les prix. Avouez donc : 7 299 euros pour un sourire de bébé sur papier Arche, ca vaut le coup, non ?  

  Voilà pourquoi, devant tant d’indifférence médiatique, je m’empresse de rejoindre l’anonyme troupe des peintres du dimanche. Je reprends le dur et long chemin aquarellé qui mène à la rédemption des ingénieurs repentis. Mon heure de gloire viendra. En attendant et comme on est entre amis, je vous dois la vérité sur ce petit portrait : Il est tiré d’une photo.

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 Voilà donc toute la vérité : N’ayant pas été capable de faire des lunettes symétriques, j’ai du abandonné les binocles ; et puis je l’ai un tout petit peu rajeuni. J’avoue. Mais sachez que si une cure de jouvence picturale vous tente, je suis à votre disposition pour le prix d’une Twingo.

Chute (Repas d’école 7/7)

     Le repas se terminait, j’étais venu rompu, je m’en allais repu et j’avais été successivement :

· La victime de Malm, Aspelmum et Stolmen, mes amies suédoises.
· Un papa cédant au chantage sentimental d’adorables enfants dictateurs.
· La proie expiatoire d’une tribu cannibale en pleine célébration païenne.
· Un trader reconverti en fan de l’olympique de Marseille et bien embêté par cette 7e place.
· Un timide assoiffé subissant le harcèlement sexuel d’un pervers vieillissant.
· Un hystérique défenseur d’une boisson durement acquise.
· Un convive effrayé par un Panoramix moderne et souhaitant ardemment qu’un dieu miséricordieux lui accorde une surdité temporaire.

      A tout bien réfléchir, ce fut une bonne soirée, riche en divertissantes aventures. Dommage qu’en voulant sortir de ma voiture, alors que je continuais à me plaindre de Monsieur Stabylo et de son record national,  je sois tombé de tout mon poids sur un fessier déjà bien fatigué par tant de sensations nouvelles. J’ai maintenant une commotion mal positionnée, des chaussures dégueulasses, et des filles déçues d’avoir du partir si tôt. La vengeance du ciel est terrible.

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 Vivement l’année prochaine.

 

Interlude musical (Repas d’école 6/7)

     J’étais penaud, j’étais petit. J’essayais de me faire oublier. J’avais grillé mon joker footballistique et aucun de mes voisins ne semblaient vouloir s’intéresser à la volatilité du CAC. Progressivement, les escaliers tournants et les armoires suédoises pesaient sur mes paupières. Alors, pour rester éveillé, je me suis concentré sur l’ambiance musicale. Belle erreur. Monsieur Stabylo avait décidé de battre le record français du plus bel enchaînement musical. S’il avait relié Michel Sardou et Françis Lalanne, il serait simplement passé du coq à l’âne. Mais il était bien plus fort que cela. Après avoir bravement subi les délires techno qui secouent nos adolescents au rythme de l’accouplement des piverts, nous sommes brutalement tombés sur les stridentes mélopées de la musique traditionnelle bretonne. Cybotron puis Alan Stivell.  Charybde et Scylla. Record de France,vous dis-je…

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      J’étais tétanisé, les yeux écarquillés (enfin). Les voyages d’Ulysse me venant à l’esprit, j’ai susurré dans l’oreille de ma meilleure moitié : Détaches moi, ôtes le miel de mes oreilles et laisses les sirènes dévorer ma chair. Ce qui l’a laissée, je dois dire, quelque peu perplexe. Étrangement, c’est mon verre vide qui l’a rassurée. A propos de la musique bretonne, si un méchant joueur de bombarde ou un cruel souffleur de biniou s’égare dans ces pages, qu’il sache que j’adore la Bretagne. C’est une terre généreuse dont les habitants me supportent depuis si longtemps avec tant de patience et de gentillesse qu’ils me font oublier la pluie. En revanche, si je suis volontaire pour une indigestion de Kouign-aman, la dissonance répétitive des crécelles armoricaines est un calvaire pour mon âme sensible. La convention de Genève devrait bannir définitivement un style musical qui a de tels effets sur la pilosité et l’émail des dents. D’ailleurs c’est à ni rien comprendre, je croyais qu’à la fin de chaque banquet, tous les bardes locaux, aussi colorés soient-ils, devaient finir ligotés et bâillonnés en haut d’un arbre. Les traditions disparaissent. Personnellement, il m’a fallu quinze jours de soins intensifs pour calmer les tremblements incontrôlés que ce récital avait provoqué. Je suis maintenant le président du CMTB (Clubs des Marseillais Traumatisés du Bagad). On est deux et on est sourds. 

     Il m’est venu à l’esprit cette magnifique descrition britannique du gentleman. « A gentleman is someone who can play the bagpipe, and does not…. »

Ebats sonores (Repas d’école 5/7)

     Que par inadvertance ou par goût du challenge, de vieux pervers palpent les parties charnues de mon corps d’athlète, je peux le comprendre.  Voire le tolérer ; on a les satisfactions qu’on peut à mon âge. Mais qu’on profite de mon évidente détresse pour tenter de voler le kir que je destinais à ma garde du corps préférée. Alors là, non ! Et tant pis pour la politesse. Si j’en crois les témoins, il semble que ma réaction ait été exagérée. Moi, je ne me rappelle pas du tout ce soit disant long cri rauque d’animal blessé que j’aurais poussé au nez et à la barbe (naissante) de la malotrue. Tout au plus ai-je le souvenir de deux grands yeux effrayés et du recul rapide de ma voisine. On raconte que l’animateur, un instant surpris, s’est arrêté de se prendre pour David Getta, mais je n’y crois pas. En tous les cas, une chose est sûre : cela a fait sursauter un grand échalas éméché qui a laissé tomber son verre de vin sur ses jolies chaussures neuves.

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     Et dans le silence pesant qui suivit, alors que je rejoignais la mère de mes enfants de l’air détaché de Gregory Peck dans « Duel au soleil », on entendait craquer les chips sous mes pas et dans le lointain, un cordonnier ravi laissait éclater sa joie. Ma toute belle m’a regardé d’un air étonné, alors que moi, mine de rien, aussi innocent que Dominique de Villepin, j’avançais lentement, en égrainant, de peur de l’oublier, et pour me rassurer un peu, mon étrange litanie : Bordeaux, Montpellier, Lille, Lyon, Monaco, Auxerre, Marseille…. Bordeaux, Montpellier, Lille…. Je me suis rendu compte, un peu tard, que je révisais à voix haute. Le stress, sans doute. Aucune épouse au monde ne pourrait tolérer le délire public d’un mari voyageur sous acide, la mienne ne fit point exception à la règle.  D’une main ferme, je fus invité à m’asseoir ; et d’un insistant regard bleu foncé, je fus convié à me taire. Fort heureusement, les autres convives ont rapidement repris leurs conversations, le DJ fluorescent son long chemin de croix et les enfants leurs course folle. Alors que, dans le fond de la salle, un grand échalas et un cordonnier reprenaient leur négoce d’espadrilles.

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Contact (Repas d’école 4/7)

     Les buvettes des kermesses n’ont rien des havres de paix que furent les troquets de ma jeunesse. Pas moyen d’y discuter discrètement de nos premières amours autour d’un Monaco trop sucré ; les buvettes c’est du sérieux. Ici, c’est une lutte sordide où il est question de démontrer sa supériorité en parlant fort, et sa popularité en commandant le plus de boissons possibles. Cela me rappelle cette semaine de vacances où je n’ai jamais pu atteindre un buffet si prometteur tant il était rapidement pris d’assaut par des hordes de hollandais affamés, déguisés en sauterelles et jouant les plaies d’Egypte. Autant dire qu’en ces lieux, on se fiche éperdument des naufragés hagards ; surtout s’ils cherchent vainement l’oubli et le repos auprès d’une serveuse compatissante et d’une boisson forte. Et autant ne pas se voiler la face, quand on a le charisme d’une huitre, il n’est pas facile de se faire entendre dans ce genre de mêlée.  J’ai donc été condamné à piétiner des chips avec l’air béat d’un lycéen post orgasmique alors qu’autour de moi des messieurs confiants partageaient bruyamment des chapelets de gobelets en plastique pleins d’une bière que j’aurais tant aimé consommer.

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    J’allais tenter avec eux le coup du Palais Brongniart lorsqu’un vieil oncle grivois, sous le charme de mon physique de déménageur et dans un moment d’égarement, me pince la fesse droite, avec insistance. Ca y est, on me remarque.

 

Préliminaires (Repas d’école 3/7)

     J’étais blindé comme un char russe au printemps de Prague, pourtant, dès l’entrée de la salle des fêtes, le choc. Je suis submergé par un brouhaha invraisemblable où se mêlent indistinctement des cris d’enfants surexcités, une rythmique tonitruante et la voix largement amplifiée d’un DJ incompréhensible et palissant. Ce charmant monsieur, tout de fluo vêtu, fait de son mieux pour s’agiter sur son estrade mais il me donne  l’impression que cette ambiance le terrorise autant que moi.

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     La salle est immense, les indigènes sont nombreux, tout ce monde est heureux et j’ai le sentiment d’être la victime innocente d’un festin cannibale. Je sais que je vais être sacrifié sur l’autel froid et dur de l’association des parents d’élèves. J’ai les genoux qui flanchent, le souffle court et les mains moites. Ma femme me regarde en souriant. J’ai des envies d’îles désertes. Mes filles voudraient rejoindre leurs amies, mais je tiens bon, elles sont mon armure, je ne lâche rien (et surtout pas mes carambars).

    Profitant de mon silence crispé, ma douce me présente à une gentille mère de famille et engage avec elle une conversation passionnée sur les joies du jardinage écologique. J’essaye de faire bonne figure avec un œil pétillant et un sourcil relevé, mais je m’y connais autant en écologie qu’un Dominicain en vente d’armes. J’ai l’impression de m’enfoncer dans l’anonymat, mon œil se ternit, mon sourcil s’affaisse. Je me noie lentement, avec au fond de mon cerveau, cette liste que je croyais salvatrice : Bordeaux, Montpellier, Lille, Lyon, Monaco, Auxerre, Marseille…..Tout à coup, ça y est, les filles m’échappent…. Trahison. Me voilà sans bouées…. Vite, le bar….

Préparation psychologique (Repas d’école 2/7)

     Vingt heures. Sachant qu’en société, je passe plus facilement pour Mr Bean que pour James Bond, j’ai pris l’habitude de charger ma mémoire courte d’improbables sujets de conversation : comme le Mah-jong Coréen, la philosophie Danoise, ou les effets des aurores boréales sur la masturbation des cétacés. Je sais, c’est fourbe ; mais ça évite la paralysie mentale, les joues rouges ou les palpitations et, comme disait mère Thérésa, c’est moins dangereux qu’un rail de coke. Ce soir là, pris d’une inspiration subite et parce que je ne me sentais pas au mieux de ma forme, je courus réviser le classement de ligue 1. C’est un sujet classique que, par pure sadisme, je réserve habituellement aux chauffeurs de taxi parisiens trop bavards et aux coiffeurs trop familiers. Ceci-dit, le football est aussi la meilleure arme des timides épuisés. Ensuite, au cas où il me faille intégrer rapidement la conversation d’un groupe de jeunes mâles dominants, peu sensibles à la magie de l’aquarelle, j’ai quand même parcouru les cours de la bourse.

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     Vingt heures dix. L’angoisse de courbatures à venir me pèse, je me crois au bord de l’agonie, mais j’ai une (petite) fille à chaque bras et dans ma tête trotte ma tenue de soirée : Recul du CAC sous la barre des 4000pts, Bordeaux domine largement le championnat. Je me sens prêt à affronter l’épreuve du feu, deux aspirines dans le cornet et quelques carambars dans la poche, j’suis paré, j’vous dis…Paré.

Tentatives d’évitement (Repas d’école 1/7)

     Il y a quelques jours, tenaillé par une culpabilité surprenante chez le perpétuel apprenti papa que je suis, je me suis senti obligé de participer au repas de l’école.  Certes, je savais à quoi m’attendre et je m’étais longuement préparé à cette épreuve aussi annuelle que redoutée. J’avais passé mon après-midi à soulever les colis et les meubles d’un camarade en transit, dans l’espoir que ces efforts soutenus provoqueraient chez le gringalet que je suis un accident bénin et opportun. Cet  accident aurait servi d’excuse auprès de ma naïve descendance qui, malgré les signes évidents d’un délabrement progressif et efficace,  continue à voir dans leur géniteur le cousin de Rambo ou le fils de Spiderman. Rien n’y fit, j’eus beau allégrement sacrifier mes arpions sous les chutes répétées d’armoires suédoises complices, aucune blessures officielles. Et pour jouer à l’infirmière avec ma brune, pas d’entorse, aucune plaie sanguinolente, aucune déchirure, même pas un p’tit bleu douloureux ou un ongle écrasé. Non, rien. Tout au plus un épuisement physique inédit et des effluves corporels d’un genre nouveau. Ah ! Si ! Un bénéfice collatéral : Vu l’état de son mobilier, cet ami là ne déménagera plus avec moi. Et c’est tant mieux pour les lombaires qu’il me reste.

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      De retour à la maison, j’ai eu beau afficher ostensiblement un air malheureux et me plaindre, la voix tremblante, de maux imaginaires mais probables, la population féminine m’a déclaré, à l’unanimité, bon pour le service. Cruelles va !

Dédicace.

      A ceux qui s’interrogent encore sur la quiddité des lècheries gonadiques canines, je rappelle qu’il s’agit simplement de l’expression d’une liberté transcendantale…. Merci Manu.

« J’appelle transcendantale toute connaissance qui ne porte point en général sur les objets mais sur notre manière de les connaître, en tant que cela est possible à priori » Emmanuel Kant, la critique de la Raison Pure.

Une dernière danse.

      Dans la série, les danses du cadre, voilà la toute dernière :

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      Ce qui nous amène à ma préférée du moment :

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