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Après les jeunes filles…

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    Cela change des jeunes filles en tenue légère entourées de fleurs et de petits zoziaux chantant, non ?

   Pour tout dire, j’ai longtemps hésité à rajouter un peu de tendresse dans ce tableau noir en imaginant une petite coccinelle jolie et colorée qui, au milieu de cet étrange labyrinthe tribal, essaierait de relier le sommet du crâne au menton. J’ai finalement décidé d’arrêter là, étant bien trop lâche pour me moquer de plus costaud que moi.  Maintenant, pour ceux qui trouvent que les brutes tatouées manquent d’élégance, vous pouvez toujours aller leur parler directement ; si j’ai bien compris les All black et les agneaux ont des tas de points communs. Quoi qu’il en soit, pour la semaine prochaine, il va falloir que je me décide entre dessiner des tronçonneuses bien viriles ou des fleurs gracieuses. Pourquoi pas des chardons et des roses ?  C’est de saison.


Des avantages de la copie.

     Il y a au moins une chose de claire, la copie c’est bon pour le moral ; ainsi que le disait La compagnie créole.  J’en veux pour preuve un dernier exercice d’apprentissage que je me suis imposé : Copier, sans calquer, un dessin connu et le colorier sans trop dépasser. Cette tentative de plagiat totalement assumé m’a rendu euphorique à tel point que j’en ai oublié ma dose dominicale de  carambar.

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      Tout d’abord, cela m’a permis de rajeunir de quelques années, à l’époque où je m’inspirais des muscles saillants de Daredevil pour produire à mon tour des personnages en collants colorés. Cette période, que mes futurs biographes qualifieront d’année arlequin,  a été très brève. Trop brève ? Je fus alors  sensible aux critiques acerbes qui décrivaient mes multicolores supers héros comme la troupe de Béjart faisant une virée au Queen. Cela mit prématurément fin à ma carrière chez Marvel et m’obligea, pour rassurer ma fiancée du moment, à officialiser mon abonnement à New Look.

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     Mais pour revenir au plagiat : quelle joie que de passer d’un dessin vers un dessin. J’avais oublié à quel point il est instructif de ne pas réfléchir, la langue tirée et la main appliquée. Je me demande d’ailleurs si on ne devrait pas réhabiliter les vertus des écoles de copistes. On en profiterait pour remettre au goût du jour la tonsure. Elle a, selon moi, un peu plus d’allure que les crêtes capillaires de nos pré-pubères boutonneux ; mais je m’égare.

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   Je rajouterai aussi que la reproduction ne suscite que de la bienveillance : chaque raté  sera qualifié d’interprétation, chaque réussite perçue comme le seraient les gammes d’un musicien. Ce dernier ne sera jamais compositeur, mais on l’admire quand même. La chance qu’ils ont ces bougres de musicos. Si j’aurais su j’aurais choisi pianiste.

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   Et puis, outre le rajeunissement  inattendu, l’apaisante vacuité zen produite par l’exercice et la conquête facile du public, il y a le résultat. Résultat dont on peut allégrement se vanter ou se désolidariser selon l’humeur. Par exemple, pour faire taire la critique il y aura le : ‘Oui Monsieur, c’est Mucha qui a mis des oiseaux dans les cheveux de la dame, moi je n’y suis pour rien. Soyez donc respectueux. Il est mort vous savez’. Ou alors, pour peu que les tonalités déclenchent l’admiration : ‘Si, si c’est moi qui ai choisi ces couleurs là, je n’étais pas friand de l’original…’

  Quant au premier qui, à propos des œuvres choisies pour être reproduites içi, parle de la décoration de chez Michou, autant qu’il sache que j’assume désormais mon coté féminin (et mes collants). 


Ah, la vache !

     Lorsque j’étais plus jeune, il y a longtemps déjà ;  j’ai probablement fait des sculptures en boite de camemberts et des colliers de nouilles. Je suis assez fier d’avoir continué cette tradition artistique jusqu’à ces derniers jours puisque j’ai récemment terminé l’illustration des recettes paternelles. J’ai poussé la vanité jusqu’à transformer cette tentative en de multi exemplaires d’un album photo. Autant dire que ce désormais fameux ouvrage constitue indiscutablement l’apogée éditoriale de 40 ans de barbouillage. D’ailleurs, pas la peine de réclamer, les trois exemplaires se sont arrachés dans la journée et le tirage est épuisé.

     En revanche, je dois donc avouer que mon inculture agricole m’a conduit à laisser passer deux erreurs que mes voisins paysans m’ont signalées avec gentillesse mais fermeté.
     La première (voir le 9/7/11) : j’ai choisi mon beau taureau ’Alfred’  pour  décorer la  tête du chapitre sur les plats à base de viande. Et bien, vous me croyez pas si vous me croyez pas mais la viande du taureau, ben on la mange pas ! Si, si véridique. Sauf en Camargue peut-être où des moeurs douteuses les empèchent de manger du cheval. C’est très compliqué à comprendre pour un citadin mais le bœuf, l’animal, est un taureau diminué de parties auxquelles l’homme finit par s’habituer. Alors que le bœuf, la viande, provient aussi bien du bœuf que de la vache. Franchement vous étiez au courant ? Ben, en tous les cas, mes camarades de bistrot sont formels, nous mangeons presque toujours de l’ex-mâle ou de la femelle mais quasiment jamais du couillu. Sauf pour le caribou mais c’est une autre histoire.

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     La seconde erreur s’est malencontreusement glissée à la page « bœuf carotte ».  Moi qui voulait faire le malin en arguant  ‘Ben vous voyez!  Là, c’est un boeuf fille. Ca se voit à ses hanches qu’on devine larges et à son œil qui ne reflète aucune concupiscence’. ‘D’accord’, qu’ils m’ont dit, ‘d’accord, c’est une fille mais c’est une ‘Holstein’… ??!… Et là, patatra, la théorie du couillu qui s’écroule ! Y’a des femelle qu’on ne mange pas. On les élève rien que pour le lait, le fromage et le beurre.  - A ce propos, vous le saviez vous, que le beurre vient du lait ? - Bref, à propos des Holstein qui sont tellement plus rigolotes à dessiner que les maronnasses limousines, il faut savoir deux choses. D’abord, à la différence des acteurs noir et blanc, elles ne sont pas muettes. Et deuxièmement, elles ne mangent pas de carottes.

     Pour finir, parce que je n’ai pas osé leur demander, si quelqu’un peut me renseigner : Une génisse, est-ce que ça peut être un garçon ? Et le veau, la viande, ne me dîtes pas que ça vient d’un tout petit parce que là, c’est un coup à devenir végétarien. Voilà, tout ça pour vous dire que dorénavant je m’en vais peindre des pièces détachées pour l’automobile et des clubs de golf.


Humour culinaro-mathématique

     ‘Il y a trois sortes de personnes, celles qui savent compter et celles qui ne savent pas’. Ah ! Que j’aurais aimé trouver cette formule moi-même. Au lieu de quoi alors que je cherchais à faire le pitre pour illustrer de manière drôle un cahier de recettes, j’ai imaginé le dessin ci-dessous.

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      Que voulez-vous, on a l’humour qu’on peut, ma bonne dame. La citation de Benjamin DERECA fera sans doute sourire ceux de la première sorte alors que les fans de l’Olympique de Marseille savoureront mes tomates à la provençale. Il y aura peut être quelqu’un pour apprécier les deux ;car comme disait Euclide à Archimède un beau matin d’avril (-270) ‘ Mais oui Archi ! on peut aimer à la fois les grands clubs, les crudités estivales et les isomorphismes.’  


Plaisir matinal.

     Dans les combles, écouter en sourdine un peu de pop française vieillissante et sentir dans les pièces adjacentes dormir celles que j’aime. Affalé sur le plancher, tranquillement finir, dans les premières lumières du jour, le livre de la veille ; puis tailler mes crayons et tenter deux trois trucs. Peindouiller un moment alors que le café fume et que l’odeur amère et forte me tient compagnie. Poster ici un improbable chef d’œuvre, une bêtise ou deux ; imaginer quelques sourires virtuels.

     Et puis surtout, attendre les petits pas des filles qui vont venir dans leurs pyjamas rayés, le regard fatigué et l’haleine chaude me faire la bise du matin….

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     Ce matin donc, un grand merci à Jacques Brel, pour toujours le plus grand. Un merci tout particulier à Madame Fred Vargas qui partage si bien son Paris gris et bleu, peuplé de clochards bien vivants et de flics poètes. Enfin, une bise à Lucette, ma cafetière italienne qui chaque dimanche matin me laisse vider ses tripes pour mon plus grand plaisir. Je lui devais bien ça.


Le plâtrier italien

   L’autre jour, j’étais chez Benoit avec ma femme, il y avait un balaise de graffiti dans le salon. Je l’ai trouvé joli, alors j’en ai copié un bout pour montrer à Denis qui cherchait une idée pour décorer sa pizzeria.

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     Admirer avec quelle classe j’ai reproduit les craquelures. Tout ça pour vous dire que le plâtrier, il n’est pas près de venir bosser chez Denis. Ben tiens, si c’est pour faire un travail de gougnafier, sérieux, il peut rester chez Benoit. Y ‘a encore un paquet de statues à recoller dans le jardin. D’ailleurs, il me l’a dit Denis, faut se méfier des plâtriers italiens.

       Dommage parce que comme peintres, ils sont plutôt doués. Ils manquent un peu d’imagination avec leurs barbus, leurs anges et tous ces jeunes hommes nonchalants aux allures de hippies, mais bon, techniquement ça va.  Vous n’avez qu’à compter : Y’ manque pas un doigt.

    Moi, perso, les barbus c’est pas mon truc. Ceci dit, on en a discuté avec Denis, et on est d’accord : le coup du plafond plein de gus en serviette de bains, ça jette quand même. Manque peut-être un beau luminaire, un gros, avec du raisin emmêlé et des ampoules torsadées…. 


L’aubergine dans la littérature.

   Ô toi, dont la robe satin, d’une couleur sombre semblant du sang mêlé aux affres de la nuit, brille d’un feu profond, et ben, j’t’aime pas du tout et pi t’as le corps mou. J’admets que le grand Charles fit pour toi un poème mais moi, j’peux pas t’aimer par’sque t’es trop salée.

Dans les caveaux d’insondable tristesse
Où le Destin m’a déjà relégué ;
Où jamais n’entre un rayon rose et gai ;
Où, seul avec la Nuit, maussade hôtesse, 

Je suis comme un peintre qu’un Dieu moqueur
Condamne à peindre, hélas ! sur les ténèbres ;
Où, cuisinier aux appétits funèbres,
Je fais bouillir et je mange mon cœur, 

Par instant brille, et s’allonge, et s’étale
Un spectre fait de grâce et de splendeur.
A sa rêveuse allure orientale,

Quand il atteint sa totale grandeur,
Je reconnais ma belle visiteuse :
C’est Elle ! noire et pourtant lumineuse. 

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     C’est beau, non ? Et ça l’est d’autant plus que M.Baudelaire déclarait ainsi sa passion dévorante (si j’ose dire) pour l’aubergine. Personne n’y vit rien et tout le monde s’extasia. J’vous jure ! Il était temps que je vous livre la vérité. D’ailleurs, si Charles avait vraiment osé, son livre se serait intitulé : « Les légumes du mal » et nous aurions plus facilement reconnu l’affreuse chose mauve quand il s’interrogeait ainsi (1) :
          ‘Es-tu le fruit d’automne aux saveurs souveraines ?

     Il se trouve que Charlie et moi, ne partageons pas le même goût pour cette étrangeté violette qui fait penser au pénis turgescent d’un vieux Schtroumpf aviné. Chaque été on voudrait me voir avaler la plus sombre des mauves herbes. C’est oublier que je suis du coté d’Häagen-Dazs et de Kronenbourg, et que j’exècre ce légume. Voilà pourquoi, j’ai cherché dans la littérature quelques allusions subtiles à ce succédané de vin en gelé. Allusions qui montrent que nombreux sont ceux qui ont discrètement parlé de cette nauséabonde et brillante ignominie. J’ai des potes qu’ont écrit des trucs, j’ai ouvert leurs bouquins, pris quelques pages au hasard et c’est édifiant : l’aubergine est partout.

     C’est d’elle dont parlait Aragon quand il disait (2)
           Avec vous pas besoin d’y aller de main morte
           Vous êtes ce manger que les corbeaux emportent ‘ 

     Blaise Cendrars qui devait en manger en pagaille ne les trouvait pas à son goût et n’hésitait à les décrire de la manière suivante (3) : 
     
     Ce sont de tout petits êtres qui sentent terriblement mauvais
          
Leur membrane est gluante 

     Il y eut même un esthète irlandais pour afficher clairement son dégout à l’égard de ce protozoaire mauve. C’est un peu confus (c’est un étranger, on lui pardonne) mais notez le « rien qui est noir mais germinatif » ! (4) 
           Les amoureux des chevaux et des femmes  
           Sauront bien déterrer, d’en dessous le marbre des tombes 
           Ou de la nuit d’entre le putois et la chouette  
           Ou du rien qui est noir mais germinatif…. 

     On ne sait plus de quel coté se trouve ce cher Jean Cassou, oublié depuis, mais qui disait cela à propos du légume lit de vin(4) : 
          
Une rose s’est noyée  
         
dans une coupe de vin, 
         
et, défaillante, effeuillée,  
         
elle exhale son destin. 

     Guillaume le divin, voyait dans l’aubergine une femme sans couleur, à la peau si brillante qu’elle était un miroir (6). Pourquoi pas. 
          
Frôlée par les ombres des morts
          
Sur l’herbe où le jour s’exténue
          L’arlequine s’est mise nue
 
         Et dans l’étang mire son corps

    Paul Eluard lui aussi savait que le vif éclat de sa coquille est bien trompeur. L’intérieur est pourri, il nous a mis en garde (7)
          
Pourquoi suis-je si belle ?  
         Parce que mon maître me lave. 

     Le comte de Lautréamont, que l’on a soupçonné (à tort) de fumer sa moquette, avait au moins le mérite d’être clair lorsqu’il en décrivit un couple de solanacées (merci Google) comme le monstrueux résultat d’une attaque de méduses sur son postérieur  (8) 
        
Elles ont regardé avec attention les deux parties charnues qui forment le derrière humain et, se cramponnant à leur galbe convexe,  elles les ont tellement écrasées par une pression constante, que les deux morceaux de chair ont disparu, tandis qu’il est resté deux monstres, sortis du royaume de la viscosité, égaux par la couleur, la forme et la férocité. 

    Bref, l’aubergine est célébrée par tous. Et ben tant pis, cela ne change rien, Solanum melongena non placet, moi j’aime pas ça. !

(1)    Charles Baudelaire : L’amour du mensonge (Les fleurs du Mal)
(2)    Aragon : sans titre (Le roman inachevé)
(3)    Blaise Cendras : Ornithichnites (Au cœur du monde)
(4)    W.B. Yeats : Les Gyres (quarante-cinq poèmes)
(5)    Jean Cassou :  la rose et le vin (la rose et le vin)
(6)    Appolinaire : Crépuscule (Alcools)
(7)    Paul Eluard : Les petits justes, II (capitale de la douleur)
(8)     Isidore Ducasse : chant quatrième (Les chants de Maldoror)


Alfred

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    Si jamais le bel Alfred  attrappe la vache qui rit….


Louis

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    Ca y est j’ai la totale maîtrise de la goutte !  J’peux enfin me prendre pour un artiste. Reste à travailler ces satanés cheveux. Au rythme régulier de mes progrès, en 2025, je devrais être en mesure de poser sur les crânes de mes blondinets autre chose que des paniers en rotin.  Bon j’espère que les parents seront contents.


Fatima

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      »On dit qu’elle a souffert. Moi je ne sais pas. Mais j’ai vu son regard se poser sur mon fils quand elle a traversé le parc. Je crois qu’on a raison. »


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