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Tonyglandil

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     Il se sait beau, il se sait riche mais n’y peut pas grand-chose. De toutes façons, il n’a pas de raisons de s’excuser ; ni pour la suffisance de son père, ni pour l’argent de sa famille. Il s’ennuie. Alors il collectionne les jolies filles et les costumes anglais. Sa mère trouve que cela lui sied à ravir ; les costumes surtout, mais les filles aussi. Je l’ai vu hier, affalé dans le grand fauteuil en cuir, rêvant le poing sous le menton, les yeux bleus dans le vide. A sa place, calé comme il l’était, j’aurais probablement gratté mes testicules. Lui, dévoilait avec nonchalance une très belle Patek Philippe en attendant bien patiemment qu’elle vienne. Il a vu Louise et a sourit. A chaque fois qu’il lui sourit, et il fait ça souvent, il affiche une denture impécable. Une élégante rangée de ratiches bien alignées, blanches et brillantes comme pour une pub de dentifrice. S’il était con, je l’appellerais Tonyglandil. Mais il est loin d’être con, et il le sait aussi. 

PS : ceci est une tentative de texte illustré, à la manière d’un grand Môsieur du Webe dont j’avais adoré l’ouvrage, s’il passe par là, qu’il n’y voit qu’un hommage.


勇気

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いざとなれば勇気が湧いてくる 


‘C’est Beau’.

    Si un jour de printemps, en regardant un tableau qui vous plaisait, vous avez exprimé à voix haute ce que vous pensiez tout bas et qu’à la cantonade silencieuse vous avez jeté un retentissant ‘c’est beau’ ; et bien honte à vous, malheureux. Qu’avez-vous donc dit là ? Pourquoi exprimer de manière simple concise et vraie une opinion personnelle alors que vous auriez pu développer une théorie complexe, impersonnelle et absconse sur les vertus philosophiques de la poïétique ? Heureusement que je suis là pour vous éviter de refaire une telle erreur de débutant.

    Heureusement que je suis là ! Et oui, car même si je n’ai pu trouver le formidable ‘Phénoménologie de l’expérience esthétique’ de Mikel Dufrenne,  j’ai quand même terminé son charmant ’Esthétique et philosophie’ (en trois tome s’iou plé, si si) où j’ai trouvé la limpide tirade ci-dessous. Si vous en venez à bout sans mourir de rire, elle vous permettra de tranquillement toiser le péquin lors de votre  prochain vernissage. Elle vous rendra hautain, prétentieux et suffisant ; ce qui est, n’en doutons plus, la meilleure façon de parler d’Art.
‘Car si l’expérience esthétique est celle d’un apparaître, c’est parce que l’être de l’objet réside dans cet apparaître, parce que l’objet est tout entier sensible, tout entier offert à la sensibilité : le dévoilement n’est pas l’acte de l’Être, c’est la vocation d’un être, et c’est pourquoi cet être appelle à ma sensibilité, comme déjà à la sensibilité du créateur pour qui chaque esquisse doit apparaître pour comparaître devant son jugement. ‘ 

    Heureusement que je suis là car je vais vous éviter de vous ruiner. J’ai acheté pour vous ce touchant recueil qu’est ‘Philosophie analytique et esthétique’. Il s’agit de textes rassemblés par la douce Danielle Lories . Un ouvrage moins complet que son émouvant ‘expérience esthétique et ontologique de l’œuvre’ mais j’y ai  trouvé de quoi faire le paon dans le plus mondain des cocktails parisiens. Comme j’ai la générosité d’un pélican un jour de marée noire je vous livre l’extrait en question, il est dû à la plume facetieuse de Nelson Goodman, grand farceur devant l’éternel (et son tonton René) pour avoir inventé l’exemplification métaphorique.
‘Il y a 5 symptômes du caractère esthétique : 1. la densité syntaxique….2. la densité sémantique… 3.La plénitude relative… 4. l’exemplification… et enfin 5. la référence multiple et complexe, où un symbole remplit plusieurs fonctions référentielles intégrées et en interaction, certaine directes et certaines médiatisées à travers d’autres symbole’ 

       Heureusement que je suis là pour vous permettre de draguer les étudiantes en histoire de l’art en paraphrasant ce brave René Passeron auteur, entre autres gentilles choses, d’un étonnant ‘Pour une philosophie de la création’ où j’ai trouvé pour vous cette jolie phrase.
‘S’il y a une paradigmatique du pictural, c’est, si je puis dire, une paradigmatique poïétique perturbée par les interventions successives des peintres.’
 

       Heureusement que je suis là parce que j’ai aussi (re)lu une partie du toujours très drôle ‘Paralipomena, autour de la théorie esthétique’ du truculent T.W Adorno. (Il faut dire qu’avec un prénom comme Thédor-Wiesengrund, on a intérêt à savoir faire rire les copains). A la page 59, il explique mieux que moi pourquoi il n’est pas de bon ton de s’extasier devant un tableau. Et vous pourrez, grâce à moi, facilement jouer le critique vaniteux et fat que nous rêvons tous d’être en susurant cette merveille de simplicité :
‘La crise du sens de l’art, provoquée de manière immanente par l’irrésistible moteur nominaliste va de pair avec l’expérience extra-esthétique, car le contexte intra-esthétique qui constitue le sens est le reflet d’une signification de l’existant et du cours du monde en tant que signifiant d’un apriori inexprimable et de ce fait d’autant plus efficace.’ 

     Bref, le prochain qui dit ‘c’est beau’, je lui botte les fesses, non mais.


Jour 3

     Mon stage de portrait est déjà fini. Snif..

     A défaut d’être devenu un expert dans la réalisation de portraits, j’ai acquis un regard critique qui me permet de rester modeste en toute circonstance. Vacherie, manquerait plus que j’ai attrapé un coup de modestie alors que j’étais sur le chemin d’une gloire inévitable ! Cette étonnante vision m’autorise, entre autres choses, à déclarer unilatéralement que le clair-obscur est une technique difficile, que les bouches doivent être équilibrées et que l’écartement des yeux est absolument essentiel. Ceux parmi vous qui, comme st Thomas, douteraient encore des doctes paroles de celui qui sait, pourront s’en assurer en observant bien en détail la jolie poupette ci-dessous. Elle a en effet le triste privilège de cumuler les trois défauts précédemment mentionnés ; dans de discrètes proportions certes, faut pas pousser mamie dans les orties !

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     Mais bon, dans la course effrénée que se livrent sous vos yeux ébahis, la vigueur de mes traits de crayon et la justesse de mon esprit critique, force est d’admettre que cette semaine ces deux pôles opposés ont magistralement progressé. Si, si, on dira ça ! Ce bond en avant vers le Saint Graal du visage expressif me laisse donc avec autant de satisfaction que de frustration. Ce qui, avouons-le, est le signe d’un enseignement réussi (ou d’un coïtus interruptus, c’est selon). Il n’y a qu’à voir avec quelle belle motivation nos cancres de banlieue brûlent dans l’allégresse générale les véhicules du corps enseignants pour se rendre compte des bienfaits d’une leçon bien apprise. J’suis quasiment dans le même état…D’ailleurs, j’casserais bien une vitre ou deux . 

     Pauvres visiteurs de passage, victimes de mes délires auto-satisfaits, je suis au regret de vous apprendre qu’en attendant ce jour béni où mon esprit critique sera enfin terrassé par l’incommensurable puissance de mon talent, je ne vais pas me mettre au tricot ; et tant pis pour celles qui auraient voulu des moufles pour aller au ski. Va donc encore falloir se farcir des trognes, des bouilles, des trombines, des faces, des tronches, des geules, des bobines…


Jour 2

Le seul problème avec le fusain c’est qu’on s’en met plein les mains. Ceci dit pour s’occuper de refaire la trogne du fils secret de Jean Yann(e) et de Coluche !

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Jour 1

Quand je disais qu’il suffit d’avoir un bon prof.

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Premier clown triste.

   J’avoue sincèrement avoir trouvé l’idée de cette tentative en me promenant sur le site de Soluto. Il a récemment posté un magnifique détail du visage de Buster Keaton. Un régal de subtilité froide et une intensité dans le regard qui m’a ému. Il n’en fallait pas plus pour que je tente à mon tour d’immortaliser dans l’encre et l’aquarelle ce grand clown triste et silencieux. Petit portrait d’un échalas mélancolique au regard doux ; il ne riait jamais mais on le trouvait drôle. Je vous invite ensuite à aller , comprendre pourquoi, il y a d’un coté les amateurs et de l’autre ceux qui les inspirent. Merci messieurs.

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Du bon usage du noir.

     La bonne nouvelle c’est que je redouble mon stage de portraits, celui de l’ami YAL que je ne recommanderais jamais assez.  C’est une bonne nouvelle car, de l’avis de mes proches, en dépit des progrès miraculeusement réalisés depuis mon  initiation, il me reste encore quelques années de labeur avant d’atteindre ‘l’acceptable’.  C’est quand même chouette d’avoir des amis honnêtes, non ? D’ailleurs, si je rends grâce en ces lieux à ce petit groupe de camarades acerbes, je précise aussi que je suis prêt à les échanger contre quelques uns de vos cousins éloignés, à la condition expresse que ces derniers n’allient pas franchise et bon goût. Donc, si vous avez une vieille tante dont les bises mouillées vous ont définitivement lassé, je suis prêt à l’écouter me parler de sa recette de soupe aux potirons à votre place. Il faudra seulement qu’elle s’esbaudisse bruyamment à la vue de mes prochaines œuvres. Les intéressés trouveront mon adresse à la rubrique ‘Présentation’.   

     La mauvaise nouvelle, vous l’avez compris, c’est que vous allez devoir subir, dans les prochains jours, des tentatives de faciès plus ou moins réussis.  Je répète à cette occasion la menace de l’année dernière qui précisait que tout médisant se verrait offrir sa tronche sur papier Arches et serait dans l’obligation de l’encadrer et de la poser sur la cheminée du salon, bien en évidence à coté de la photo de mariage de mamie Renée. Non mais ! 

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     En attendant ces moments de bravoure, je vous laisse avec une tentative de cafetière tout droit sortie de l’imagination débordante de mon directeur artistique préféré. Celle qui m’oriente dans le choix de mes sujets et me suggère des coloris dominants, de manière à offrir le résultat de sa commande à ceux de nos amis qui osent m’inviter à bâfrer chez eux. Hier donc, chez A. et N. dans un décor anthracite du meilleur goût, grâce à une dédicace judicieusement placée et en dépit de ce fond noir secrètement raté (ça reste entre nous ainsi que la légère inclinaison du cadrage),  j’ai pu imposer à la tablée réunie un long discours sur l’injustice crasse qui fait de l’aquarelle un art mineur.  Et bien croyez le pas si vous le voulez, c’est t’y qui m’ont tous écouté ! Du bon usage du noir, disais-je.

       PS : Je suis libre samedi soir prochain, il me reste du rouge alizarine en quantité industrielle et je n’aime pas les huitres.


Paris-Brest

    Habiter entre Paris et Brest, ce n’est pas du gâteau !

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Chanoyu (4) T-4-2. (2)

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    Dès que je trouve le temps de terminer mon texte, je vous explique ce titre étrange…mais là je pars à la plage.

    


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